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[Conso] Recycler les mégots pour la fibre Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Vivre à Beauvais(is) - Consommation
12-09-2019

Consommer autrement intelligement à bon escient... dans Beauvais et le Beauvaisis

Le site web de l'inventeur https://tchaomegot.wordpress.com

Ce jeune ingénieur de l’Oise recycle les mégots pour en faire des manteaux

A Berthecourt, Julien Paque, un ingénieur de 22 ans, a mis au point une matière isolante à partir de mégots, utilisée pour confectionner notamment des doudounes. Source Le Parisien page Oise

Berthecourt. Julien Paque porte sa doudoune matelassée rembourrée de la fameuse fibre de mégots.

Par Clémence Bauduin, Le 11 septembre 2019 à 15h41, modifié le 11 septembre 2019 à 16h57

« Voilà, c'est ici que tout a commencé. » Depuis l'ancienne serre installée dans le jardin familial à Berthecourt, au sud de Beauvais, Julien Paque dévoile sa petite entreprise. Difficile à première vue d'imaginer ce qui se trame entre ces quatre murs, où un robot de cuisine cohabite avec une presse à hydrogène… et des bouteilles remplies de mégots de cigarettes.

Le jeune homme de 22 ans, fraîchement sorti d'une école d'ingénieur lilloise, a fait de ces mégots sa matière première : il les recycle pour les transformer en une fibre isolante, dénuée de tout produit toxique, et qui servira peut-être à rembourrer votre prochaine doudoune. À l'heure du Fill the bottle Challenge - initiative qui consiste à amasser des mégots dans une bouteille - motivée par l'urgence écologique, le projet de Julien Paque, intitulé TchaoMegot, lui vaut ces jours-ci beaucoup d'appels téléphoniques.

Entre 170 et 220 euros la doudoune

L'idée de recycler les mégots de cigarettes a germé dans l'esprit du jeune Picard il y a un an et demi. « J'ai travaillé ponctuellement dans le bâtiment et je manipulais de la laine de verre. Une fois, en voyant un mégot déchiqueté, je me suis dit que c'était une matière très proche, qu'il y avait quelque chose à en faire. »

Six mois d'échange au Québec et un stage plus tard, une doudoune matelassée rembourrée de la fameuse fibre de mégots a vu le jour. En tout, 3 500 filtres ont été nécessaires pour ce prototype. De quoi vider bon nombre de cendriers.

Pour obtenir ce prototype de manteau, Julien Paque a utilisé 3 500 mégots recyclés . LP/Clémence Bauduin

Julien Paque estime aujourd'hui entre 170 et 220 € le coût de sa doudoune. Le prix pourrait baisser si le produit venait à se développer. Et cela reste quand même quatre fois moins cher que les modèles d'une fameuse marque qui conçoit les siennes en plumes d'oie. « À terme, on peut remplacer ces plumes animales, lancer une marque éthique et made in France », ambitionne-t-il. « Nettoyer les mégots en polluant l'eau, aucun intérêt »

Le jeune entrepreneur doit toutefois maintenant dépasser l'étape du prototype. Et s'il a reçu beaucoup d'encouragements pendant la braderie de Lille où il tenait un stand fin août, il doit encore convaincre le grand public. Car il le sait, « un mégot dans l'esprit des gens, ça pue, c'est sale ». Déterminé, il a mis au point un procédé de nettoyage, bientôt déposé, pour détoxifier la fibre. « Au départ, je nettoyais les mégots à l'eau, que je repolluais donc… Cela n'avait aucun intérêt. Il faut que le procédé de transformation pollue moins que la destruction du mégot. »

Reste à faire classer sa technique et la soumettre à des normes. « D'après mes études, il n'y a plus de substances toxiques dans mes doudounes, se réjouit Julien Paque. Mais je suis ingénieur, je ne suis pas docteur en chimie. Il faut une étude scientifique très poussée pour s'en assurer. » Cette étude à un coût : le contrôle sur un échantillon de fibre de mégot en laboratoire demande près de 5 000 €. Une cagnotte pour passer à l'étape suivante

« Avec mon petit budget, c'est compliqué », confie l'étudiant, dont le plein investissement dans ce projet ne lui permet pas de travailler en parallèle. Alors le jeune Picard a lancé une cagnotte le 5 septembre sur KissKissBankBank, avec l'objectif de récolter 5 000 € en soixante jours. Une étape qui lui permettrait de faire classer son installation.

En attendant, TchaoMegot contribue à faire bouger les mentalités. « Beaucoup de gens me demandent s'ils peuvent m'envoyer le contenu de leurs cendriers », raconte Julien Paque, qui a scellé un partenariat avec certains commerces. Chaque mois depuis mai, il récupère un bidon hermétique rempli de mégots au bar V & B de Beauvais. L'initiative s'étend jusqu'à Lille (Nord), où il s'est rapproché du bar Le Privilège pour récolter les fruits d'une opération innovante : « Une bouteille remplie de mégots amenée, une bière offerte ».

Article à lire sur LEPARISIEN.FR


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